Pearl Harbor, 11 septembre, même combat

Publié le par Erwann


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Depuis 2001, de nombreux parallèles ont été fait entre les attentats du 11 septembre et l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941, attaque qui avait eu pour conséquence majeure l'entrée en guerre des Etats-Unis, décision qui sera décisive pour l'obtention de la victoire face aux puissances de l'Axe.

Trois éléments en particulier sont mis en avant, non sans raison, pour exprimer ce parallèle. Le premier est bien entendu le nombre de victimes. Lors de l'attaque de Pearl Harbor, près de 2.500 victimes, majoritairement des militaires, ont été recensées. Lors de l'attaque du World Trade Center, ce sont près de 3.000 personnes, dans leur immense majorité des civils, qui ont perdu la vie, faisant de ces attentats l'attaque la plus meurtrière sur le sol américain depuis, précisément, Pearl Harbor.

Le second parallèle se trouve dans la soudaineté de l'attaque. Dans un cas comme dans l'autre, même si le climat général au niveau géopolitique pouvait démontrer que la situation était encline à se dégrader rapidement, les Américains, tout du moins le citoyen lambda, n'ont jamais envisagé un seul instant qu'ils pouvaient être attaqués directement. Ces deux attaques ont donc profité d'un plein effet de surprise, d'un point de vue stratégique, qui a eu un impact immédiat et extrêmement fort sur la population américaine, entraînant dans chaque cas une nécessaire réaction de la part des Etats-Unis.

Troisième parallèle, et non des moindres, est la mise en avant de la faillite des services de renseignement, militaire en 1941, la CIA en particulier en 2001. En 1941, les services secrets de l'armée, grâce à l'obtention du code utilisé par les japonais dans leurs transcriptions secrètes, disposaient de toute la correspondance entre l'ambassade du Japon à Washington et le ministère des affaires étrangères à Tokyo. Ils étaient donc au courant que la mission de l'ambassadeur de l'époque était de faire traîner en longueur les négociations qui étaient en cours depuis plusieurs mois entre les deux pays pour maintenir la paix dans le Pacifique, de même que quelque chose se préparait. Malgré cela à aucun moment les forces militaires, en particulier à Pearl Harbor, n'ont été mises en état d'alerte, ce qui a permis aux japonais de profiter totalement du relâchement des forces américaines le 7 décembre.

En 2001 c'est la CIA qui est montrée du doigt, et dans une moindre mesure le FBI, pour ne pas avoir su repérer les 19 terroristes qui pourtant étaient arrivés relativement récemment sur le sol américain, en provenance dans leur grande majorité d'Arabie Saoudite après avoir transité par l'Allemagne, pays connu pour être une plaque tournante, à son corps défendant, des mouvements extrémistes musulmans, de ne pas avoir non plus fait attention au fait que certains de ces 19 hommes suivaient des cours de pilotage théorique en particulier pour piloter des avions de ligne. Enfin et surtout il est reproché à la CIA de ne pas avoir eu suffisamment d'analystes spécialistes du monde arabo-musulman ni suffisamment d'agents parlant arabe et le farsi, entre autres.

Beaucoup de questions sont restées en suspend, pourtant, concernant les attentats du 11 septembre, au point d'alimenter les nombreuses suppositions des afficionados de la théorie du complot. Ces suppositions, le plus souvent farfelues, mettent cependant très souvent un fait majeur en avant: ce sont ces attaques qui ont légitimé l'élection de George W. Bush en 2000, qui lui ont également permis d'être réélu en 2004, qui enfin ont été la base des justifications pour la guerre en Afghanistan, lancée quelques semaines après les attaques, et celles d'Irak, débutée elle en 2003. A ces questions se sont ajoutées des interrogations concernant l'incapacité des forces américaines à mettre la main sur Oussama Ben Laden ainsi qu'au sujet de la fuite haute en couleur du chef des Talibans, le mollah Omar (en moto juste au moment où sa capture semblait acquise, pour ceux qui ne s'en souviennent pas).

La théorie avancée face à ces faits a été qu'au final le président Bush, ou tout du moins son entourage, avait été alerté de la possibilité de ces attaques mais qu'il n'a pas souhaité les empêcher, d'une part pour enfin obtenir une vraie légitimité, d'autre part parce que les «faucons» présents dans ledit entourage avaient besoin d'une raison pour, entre autres terminer la guerre du Golfe que Bush père n'avait pas mené à son terme, selon eux. Comme dire que les victimes du 11 septembre avaient été sacrifiées au nom de la realpolitik était impossible, les services secrets auraient dès lors servi de boucs émissaires.

Lors de l'attaque de Pearl Harbor en 1941, l'amiral Kimmel et le général Short, officiers commandants de la base, ont été présentés comme étant responsables du désastre alors qu'il s'est avéré qu'ils n'avaient reçu à aucun moment la moindre alerte ni même le moindre résumé des conversations entre l'ambassade du Japon et Tokyo, qui auraient pourtant pu les informer de l'imminence d'une entrée en guerre. Pourtant, dans le même temps, aucun des trois porte-avions normalement stationnés à Pearl Habor n'était présent au port le jour de l'attaque. Deux se trouvaient sur la côte ouest américaine, le troisième revenait d'une mission à Wake. On aurait voulu protéger les principales unités de la Navy qu'on ne s'y serait pas pris autrement. Dans les milieux militaires de l'époque une théorie a circulé, selon laquelle Franklin D. Roosevelt, alors président, avait volontairement laissé l'attaque avoir lieu pour secouer l'opinion publique américaine, alors très largement en faveur d'une non-intervention dans le conflit qui avait lieu en Europe, et provoquer ainsi une volonté de revanche de la part des Américains.

Il est plus que certain que si tel était l'objectif de Roosevelt, il a été totalement atteint, et nous ne pouvons que nous en féliciter puisque sans l'entrée en guerre des Etats-Unis il n'est pas certain que l'Allemagne ait été finalement vaincu. De la même manière l'attaque du 11 septembre a créé un sentiment d''union nationale autour de Bush, en particulier dans ses choix militaires. De là à voir un nouveau parallère entre le 7 décembre 1941 et le 11 septembre 2001...

Publié dans Histoire

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