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Nous sommes à moins d'une semaine de ce qui pourrait être un des événements majeurs de l'Histoire des Etats-Unis. Le 4 novembre prochain il est possible que Barack Obama devienne Président de la première puissance mondiale. Le premier Président noir. Il s'agit de quelque chose que quasiment tout le monde a assimilé, que beaucoup de monde attend même avec impatience à travers la planète.
The Economist a mis en place un scrutin sur son site. Il est possible pour n'importe qui de «voter» pour les élections américaines. L'idée est bien entendu d'avoir une idée de son image à travers le Monde. Et le résultat est plus qu'édifiant: il l'emporterait avec plus de 80% des voix. Ce résultat est d'ailleurs confirmé par les différents sondages effectués dans la majorité des pays ou encore par la présence, lors du discours de Monsieur Obama à Berlin, de plus de 200.000 personnes.
Même aux Etats-Unis le mouvement semble inarrêtable, où un de ses derniers discours a été prononcé devant plus de 100.000 personnes, un record lors d'une élection américaine. Les sondages sont également excellents, lui donnant entre 4 et 14% d'avance, au niveau national. Dans les sondages effectués au niveau de chaque état, il semble avoir également une avance suffisamment importante pour lui assurer une victoire confortable mardi 4novembre. La question qui revient le plus souvent est de savoir avec quelle marge Barack Obama l'emportera.
Mais va-t-il réellement l'emporter? Dans les faits rien n'est moins sûr. Tout du moins la victoire n'est pas assurée comme on semble vouloir le présenter. C'est d'ailleurs sans doute l'un des meilleurs moyens pour qu'il perde le scrutin. L'équipe de campagne démocrate l'a très bien compris et tente de faire en sorte de rappeler qu'une élection ne se gagne pas avant le jour-J. Le risque est en effet double: à la fois une démobilisation de l'électorat démocrate combinée à une mobilisation plus grande de l'électorat conservateur, ce qui ferait à coup sûr basculer l'élection.
La seconde interrogation est bien entendu celle du racisme. Une victoire de John McCain ne serait bien entendu pas forcément la preuve que les Etats-Unis sont majoritairement racistes. Cependant il est certain que cet élément risque de jouer un rôle fondamental dans le résultat final. Les Démocrates ne perdent pas de vue l'élection au poste de gouverneur de Californie de 1982, durant laquelle Tom Bradley, alors candidat démocrate, maire en exercice de Los Angeles et... noir, se fera battre par le candidat républicain, George Deukmejian, alors qu'il était donné largement vainqueur dans les sondages. Il est apparu que beaucoup d'électeurs n'osaient pas dire qu'ils ne comptaient pas voter par un candidat noir, faussant de fait le résultat des sondages. La défaite de Tom Bradley a fortement marqué les Démocrates qui craignent que le phénomène se reproduise avec Barack Obama.
Mais plus encore que la possibilité d'un effet Bradley au niveau national, c'est de John McCain que les Démocrates doivent se méfier. Il est bon tout d'abord de se rappeler que lors des primaires Républicaines, John McCain était crédité, au mieux, d'environ 15% d'intentions de votes, il était attendu au mieux en 3ème position, largement distancé par Mike Huckabee et Mitt Romney. Et même à un moment derrière Rudolph Giuliani, le maire de New York lors du 11 septembre. Au final on sait pourtant ce qu'il advint. Et ce qu'il a fait lors des primaires il est parfaitement capable de le réaliser de nouveau lors des présidentielles. Son expérience, sa connaissance du système, sa capacité à répondre, au final, à l'attente d'une partie non négligeable de l'électorat américain, pourront s'avérer décisifs dans les jours à venir.
Bien entendu on s'attend à une participation sans précédente des minorités, en particulier des afro-américains, pour qui cette élection représente une opportunité historique. Mais le revers de la médaille est que, dans le cas d'une défaite de leur poulain, ces derniers se détournent un peu plus de la politique nationale et se sentent encore plus mis à part dans la société américaine.
Il ne reste plus qu'à attendre les résultats et souhaiter que les Américains feront le bon choix. La question étant de savoir si ce que le reste du Monde considère comme le bon choix est aussi la manière dont les Américains voient les choses. Et à ce niveau rien n'est moins sûr. D'autant qu'ils n'aiment pas forcément avoir le sentiment que le monde extérieur vient fourrer son nez dans leurs affaires. Réponse dans une semaine.